lundi 17 août 2015

Le tonneau des Danaïdes - Avril 2010


Combien de fois ai-je entendu la légende familiale sur la première visite de ma mère, catholique du bord du Rhin, chez ses futurs beaux-parents, paysans protestants d'Alsace Bossue ?
Ma grand-mère était une femme courageuse et intègre, mais assez rigide aussi.
Elle avait eu des projets de mariage autres pour son fils: une fille des villages alentours, grande et solide, pas cette toute petite femme à la langue bien pendue.
Elle la prit à part dans la cuisine, et lui dit: "Montre-moi comment tu repasses
Il faut ajouter que ma grand-mère était connue pour être une excellente repasseuse: elle poussait le soin jusqu'à rigidifier les cols des chemises que mon père emportait en déplacement (sur des chantiers de voierie, où il n'était qu"ouvrier !)
Je ne sais pas exactement comme ma mère passa l'épreuve, mais des années plus tard ma grand-mère conluait l'histoire en disant "Et aujourd'hui ta mère repasse mieux que moi !"
Est-ce en raison de cette mythologie familiale que je suis devenue une repasseuse si minutieuse ?
Toujours est-il que je ne conçois pas de ranger le linge sans le repasser et que je passe pas mal de temps avec ma centrale à vapeur (quel progrès depuis les fers  en fonte qu'il fallait faire chauffer sur le poële !)
Mon objectif est parfois de n'avoir plus rien à repasser, rien dans les bacs, rien qui sèche.
Bien sûr, cela ne peut pas durer longtemps.
Le linge c'est comme le tonneau des Danaïdes: ça se remplit à mesure que ça se vide !
Aujourd'hui,je p eux y arriver ! Je vais y arriver !

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